Challenge League Study - La 2e étude sur le football suisse

  • Fabian Schär (devant, avec le maillot du FC Wil) a effectué très rapidement le saut de ChL à la RSL. Il prouve ainsi le bon travail de formation réalisé en ChL. (Keystone)

Un an après une première étude portant sur la Raiffeisen Super League (RSL), la Swiss Football League présente une deuxième étude concernant le football suisse. La Challenge League Study du CIES confirme le rôle de tremplin pour le football professionnel d’élite joué par la Ligue, puisque la moitié des acteurs évoluant aujourd’hui en RSL ont milité une ou plusieurs fois en Brack.ch Challenge League.

L’Observatoire du Football du Centre International d’Etude du Sport (CIES), à Neuchâtel, a présenté sa deuxième étude ayant pour objet le football suisse, un projet mené en commun avec la SFL. Le travail de recherche portait, cette fois-ci, principalement sur la Brack.ch Challenge League (BCL). Après l’introduction, évoquant l’évolution géographique de la répartition des clubs, suit la partie essentielle de ce rapport de 16 pages: l’analyse de l’âge, de la formation et de la provenance des joueurs de la seconde division d’élite helvétique. 

L’étude a porté sur les quatre saisons de 2009/10 et 2012/13. Pendant ce laps de temps, l’âge moyen des joueurs de BCL a légèrement augmenté, restant cependant toujours inférieur à la valeur enregistrée en Raiffeisen Super League (24,1 contre 25,2 à la fin de la période de recherche). Pour la saison 2012/13, 8 des 10 clubs de BCL présentent un âge moyen de leurs joueurs entre 23 et 25 ans; le FC Wohlen (moyenne d’âge légèrement supérieure) et le FC Locarno (nettement inférieure) constituant les exceptions qui confirment la règle.

La part des joueurs formés au club était, sur l’ensemble des quatre saisons prises en considération pour la BCL, de l’ordre de 20 %, se situant ainsi quelque peu en dessous de la RSL (entre 23,3 et 26,7 %). Le FC Locarno (40,7 %) et le FC Winterthour (37 %) sont les deux formations, qui ont tablé le plus clairement sur leur propre relève lors de la saison 2012/13. Enfin, la part des joueurs étrangers se trouve en légère augmentation (+ 4,2 %). Ce sont surtout les clubs tessinois de BCL, qui tablent sur des joueurs en provenance de l’étranger, d’Italie avant tout.

La moitié des joueurs de RSL ont évolué en BCL
La Challenge League Study souligne également le rôle joué par la Ligue en tant que tremplin, en mettant en exergue quelques carrières exemplaires dans le domaine. Près de la moitié des actuels joueurs de RSL ont joué au moins une fois durant leur carrière en BCL (117 joueurs sur 248, soit 47 %). En tête figure le FC St-Gall (alors néo-promu de BCL), où 20 des 24 joueurs de l’effectif ont joué en BCL, alors qu’une autre formation saint-galloise, le FC Wil, est le club de BCL, qui comptait lors de cette même saison le plus de joueurs ayant évolué dans le passé au niveau supérieur de la RSL (21).

24 joueurs possédant l’expérience de la BCL ont même réussi le saut dans une ligue professionnelle à l’étranger, dont 15 joueurs dans l’un des cinq grands championnats du Vieux Continent. En outre, 8 joueurs actuels de l’équipe nationale helvétique ont également évolué au moins une saison en BCL, la deuxième ligue de jeu helvétique. On relève, à ce titre, les carrières de joueurs tels que Fabian Schär (ex-FC Wil), Innocent Emeghara (FC Winterthour) et Mario Gavranovic (FC Lugano et Yverdon-Sport).

«La nécessité de disposer d’une seconde ligue d’élite compétitive»
«L’étude a pu pour la première fois quantifier précisément le rôle des clubs de la Brack.ch Challenge League dans la carrière des joueurs de la Raiffeisen Super League», se réjouit Raffaele Poli, directeur de l’étude et responsable de l’Observatoire du Football du CIES. Le CEO de la Swiss Football League, Claudius Schäfer, déclare à son tour: «Nous avons constaté avec étonnement que la moitié des joueurs actuels de RSL, et pas moins de 8 internationaux d’aujourd’hui, comptent la BCL parmi les paliers franchis durant leur carrière. Les résultats de l’étude confirment ainsi la nécessité d’une seconde ligue d’élite compétitive, permettant aux jeunes joueurs talentueux d’effectuer un pas décisif vers le niveau supérieur. L’étude démontre ainsi que la SFL a fait un choix judicieux en réduisant le nombre des formations en Brack.ch Challenge League à 10 clubs afin d’améliorer la qualité.»